USA : Le sénateur Bernie Sanders veut créer un fonds souverain de l’IA pour redistribuer les bénéfices de l’automatisation
Alors que l’intelligence artificielle transforme l’économie mondiale à une vitesse inédite, le sénateur américain Bernie Sanders propose une mesure radicale : créer un fonds souverain dédié à l’IA afin que les citoyens bénéficient directement de la richesse générée par cette technologie.
Le projet de loi présenté par l’élu indépendant du Vermont prévoit la création d’un fonds estimé à près de 7 000 milliards de dollars. Son objectif : accorder aux Américains une participation collective dans les plus grandes entreprises d’intelligence artificielle du pays.
Pour Bernie Sanders, les bénéfices de l’IA ne doivent pas être captés par une poignée d’entreprises technologiques. « Nous ne pouvons pas laisser quelques oligarques de la tech déterminer seuls l’avenir de cette technologie révolutionnaire », a-t-il déclaré.
Faire de l’IA un bien partagé
Le texte prévoit qu’une part importante des actions des principales entreprises d’IA soit versée dans un fonds souverain administré dans l’intérêt public.
Selon les estimations avancées par Sanders, un rendement annuel de 5 % pourrait permettre de financer des versements directs de plus de 1 000 dollars par an à chaque citoyen américain.
Le sénateur estime que les avancées de l’intelligence artificielle reposent sur des décennies de recherche publique, de connaissances scientifiques partagées et de contributions collectives. À ce titre, les bénéfices économiques issus de cette révolution technologique devraient être redistribués à l’ensemble de la population.
Une gouvernance démocratique de l’IA
La proposition prévoit également la création d’une commission indépendante chargée de gérer le fonds et d’exercer les droits de vote associés aux participations détenues dans les entreprises d’IA.
Cette instance aurait notamment pour mission de veiller à ce que les décisions des grandes entreprises technologiques tiennent compte de l’intérêt général et des impacts sociaux de l’automatisation.
Pour Bernie Sanders, l’enjeu dépasse la simple question financière. Il s’agit également de répondre aux préoccupations liées à l’emploi, à la protection de la vie privée et aux conséquences sociales d’une adoption rapide de l’intelligence artificielle.
Une nouvelle vision de l’IA responsable ?
Le projet relance un débat de plus en plus présent dans les discussions internationales sur la gouvernance de l’IA : comment répartir équitablement les gains de productivité générés par l’automatisation ?
Alors que de nombreux gouvernements concentrent leurs efforts sur la régulation des risques liés à l’IA, Bernie Sanders met l’accent sur une autre dimension de l’IA responsable : la justice économique.
Sa proposition repose sur une idée simple : si l’intelligence artificielle transforme profondément l’économie et le travail, les bénéfices qu’elle génère devraient également contribuer à améliorer les conditions de vie du plus grand nombre, et pas uniquement celles des actionnaires des entreprises qui la développent.