CHINE : À Shanghai, Xi Jinping appelle à une gouvernance mondiale de l’intelligence artificielle face aux restrictions américaines
Shanghai – Le président chinois Xi Jinping a plaidé, vendredi, en faveur d’une gouvernance internationale de l’intelligence artificielle (IA), dénonçant les restrictions technologiques imposées par les États-Unis et appelant à une coopération mondiale plutôt qu’à une compétition dominée par quelques puissances.
Intervenant à l’ouverture de la Conférence mondiale sur l’intelligence artificielle (WAIC), organisée à Shanghai, le dirigeant chinois a estimé que le développement de cette technologie devait bénéficier à l’ensemble de la communauté internationale.
« Le développement de l’intelligence artificielle ne doit pas être le solo d’un pays, mais une symphonie de coopération mondiale », a déclaré Xi Jinping devant plusieurs chefs d’État et responsables internationaux, dont le secrétaire général des Nations unies, António Guterres.
Une critique des restrictions américaines
Sans citer directement Washington, le président chinois a dénoncé ce qu’il a qualifié de « surextension » des impératifs de sécurité nationale, une référence aux contrôles américains qui limitent l’accès de la Chine aux semi-conducteurs les plus avancés et aux technologies de pointe utilisées pour développer l’intelligence artificielle.
Depuis plusieurs années, les États-Unis renforcent leurs restrictions à l’exportation de puces électroniques et d’équipements stratégiques, estimant que ces technologies pourraient être utilisées à des fins militaires ou de sécurité nationale.
Pékin considère ces mesures comme un frein à son développement technologique et un obstacle à une coopération internationale ouverte.
Pékin mise sur les pays du Sud
Au-delà de son discours, Xi Jinping a annoncé plusieurs initiatives destinées à renforcer la présence chinoise dans les pays en développement.
La Chine prévoit de former 5 000 spécialistes de l’intelligence artificielle au cours des cinq prochaines années et d’offrir à 30 pays un accès à un système chinois de prévision météorologique intégrant des capacités d’alerte précoce fondées sur l’IA.
Ces annonces s’inscrivent dans la stratégie de Pékin visant à développer son influence technologique auprès des économies émergentes.
Une nouvelle organisation internationale de l’IA
En marge du sommet, la Chine a également officialisé la création d’une Organisation mondiale pour la coopération en matière d’intelligence artificielle, dont le siège sera installé à Shanghai.
L’accord fondateur a été signé par 29 États, parmi lesquels la Russie, le Pakistan et le Kazakhstan.
Cette nouvelle structure ambitionne de renforcer la coopération internationale en matière de recherche, de gouvernance et de développement des technologies d’intelligence artificielle.
Huawei et l’offensive technologique chinoise
Le sommet a également servi de vitrine aux entreprises chinoises.
Le groupe Huawei y présente notamment son système de calcul haute performance Atlas 950 SuperPoD, conçu pour répondre aux besoins croissants de calcul des modèles d’intelligence artificielle.
Parallèlement, des modèles open source développés en Chine, comme DeepSeek, poursuivent leur expansion sur les marchés internationaux en proposant des alternatives à moindre coût aux solutions développées par les entreprises américaines.