Unesco : l’IA générative redéfinit le droit à l’éducation, selon l’UNESCO
L’essor rapide de l’intelligence artificielle (IA) générative bouleverse les pratiques d’enseignement et d’apprentissage à travers le monde. Face à cette transformation, l’UNESCO plaide pour une évolution du droit à l’éducation afin de mieux prendre en compte les enjeux liés aux technologies numériques, à l’équité et à la protection des apprenants.
Lors d’une conférence internationale consacrée à l’apprentissage numérique tout au long de la vie, Daniel Baril, président du conseil d’administration de l’Institut de l’UNESCO pour l’apprentissage tout au long de la vie, a souligné que l’IA ne constitue plus une simple innovation technologique, mais un changement structurel qui redéfinit les systèmes éducatifs.
Une adoption rapide de l’IA dans les apprentissages
En l’espace de quelques années, les outils d’IA générative se sont imposés dans de nombreux usages éducatifs. Des millions d’adultes les utilisent désormais pour apprendre de manière autonome, obtenir des explications personnalisées, développer des compétences créatives ou encore accéder à des ressources dans des domaines variés.
Parallèlement, les grandes entreprises technologiques investissent massivement le secteur de l’éducation, proposant des assistants conversationnels et des plateformes intelligentes capables de personnaliser les parcours d’apprentissage et d’automatiser certaines tâches pédagogiques.
Trois technologies qui transforment l’enseignement
Selon l’UNESCO, plusieurs innovations accélèrent cette mutation :
- des assistants virtuels capables de jouer le rôle de tuteurs disponibles en permanence ;
- des plateformes d’apprentissage intégrant l’IA pour adapter automatiquement les contenus et le suivi des apprenants ;
- des outils générant des simulations immersives, des évaluations ou des supports pédagogiques à partir de simples instructions.
Ces solutions offrent de nouvelles possibilités de personnalisation et d’accès au savoir, mais elles modifient également le rôle des enseignants, appelés à devenir davantage des accompagnateurs et des facilitateurs de l’apprentissage.
Repenser le droit à l’éducation à l’ère numérique
Face à ces évolutions, l’UNESCO estime que le cadre traditionnel du droit à l’éducation doit être modernisé. L’organisation souhaite notamment renforcer les garanties liées à la connectivité, à l’accessibilité des outils numériques, à la protection des données personnelles, à la diversité linguistique et à la reconnaissance des apprentissages réalisés en dehors des cadres scolaires classiques.
Elle propose également d’ajouter un principe de responsabilité aux critères historiques de disponibilité, d’accessibilité, d’acceptabilité et d’adaptabilité qui structurent le droit à l’éducation.
Les leçons de la pandémie
La crise du COVID-19 a mis en évidence les inégalités d’accès aux équipements numériques et à Internet. Alors que près de 1,6 milliard d’apprenants ont été affectés par les fermetures d’établissements, de nombreuses régions, notamment en Afrique subsaharienne et dans les zones rurales, ont souffert d’un manque d’infrastructures adaptées.
Pour l’UNESCO, ces disparités risquent de s’accentuer avec l’essor de l’IA si les pouvoirs publics ne mettent pas en place des politiques garantissant un accès équitable aux technologies éducatives.
Une gouvernance publique jugée indispensable
L’organisation internationale appelle à développer une véritable infrastructure publique de l’IA dans l’éducation, comprenant des plateformes, des algorithmes et des ensembles de données conçus dans l’intérêt général.
L’objectif est de favoriser une « co-intelligence », où les capacités de l’intelligence artificielle viennent compléter celles des enseignants et des apprenants, sans s’y substituer. Selon l’UNESCO, cette approche est essentielle pour préserver une éducation inclusive, éthique et de qualité tout au long de la vie, conformément aux objectifs internationaux de développement durable.