ONU: ONU Femmes alerte sur le risque de voir les inégalités de genre se perpétuer dans les algorithmes
À l’approche du Dialogue mondial des Nations unies sur la gouvernance de l’intelligence artificielle, ONU Femmes lance un avertissement : sans action volontaire des gouvernements et des entreprises technologiques, l’IA pourrait reproduire, voire amplifier, les inégalités entre les femmes et les hommes.
Alors que les outils d’IA générative sont désormais utilisés par des milliards de personnes pour rédiger des textes, créer des contenus ou automatiser certaines tâches, l’agence onusienne souligne que ces technologies restent largement influencées par les biais présents dans les données qui servent à leur entraînement.
Des stéréotypes qui se retrouvent dans les modèles d’IA
Selon ONU Femmes, de nombreux systèmes d’intelligence artificielle continuent d’associer les femmes aux tâches domestiques, aux soins ou à la sphère familiale, tandis que les hommes sont davantage liés aux fonctions de direction, à la réussite économique ou au pouvoir.
Une étude portant sur 133 systèmes d’IA a révélé que près de la moitié présentaient des biais sexistes, tandis que plus d’un quart combinaient des discriminations liées au genre et à l’origine ethnique.
Pour l’agence, ces résultats ne sont pas de simples erreurs techniques. Ils reflètent les déséquilibres historiques présents dans les contenus utilisés pour entraîner les modèles.
« Les systèmes d’IA héritent des préjugés présents dans les textes produits par les sociétés humaines », souligne ONU Femmes.
Des risques qui dépassent les stéréotypes
L’organisation s’inquiète également de l’utilisation de l’IA dans la production de contenus trompeurs ou malveillants.
Les technologies de génération d’images, de vidéos et de voix facilitent la création de faux contenus, notamment de deepfakes visant des femmes, des journalistes ou des défenseures des droits humains.
Selon ONU Femmes, ces outils risquent d’accentuer les violences numériques et les atteintes à la réputation si des garde-fous suffisants ne sont pas mis en place.
Les femmes encore sous-représentées dans l’IA
L’agence met également en lumière un déséquilibre persistant dans les métiers de l’intelligence artificielle. Les femmes représentent environ 30 % de la main-d’œuvre mondiale du secteur.
Cette sous-représentation limite la diversité des points de vue dans la conception des technologies et augmente le risque que certains besoins ou certaines réalités sociales soient insuffisamment pris en compte.
L’inclusion comme condition d’une IA responsable
Pour ONU Femmes, l’enjeu dépasse la seule question de l’égalité. Une intelligence artificielle plus inclusive permettrait également de développer des produits plus performants, plus fiables et mieux adaptés à la diversité des utilisateurs.
L’organisation appelle ainsi les gouvernements, les entreprises et les développeurs à intégrer l’égalité des genres dans l’ensemble du cycle de vie des systèmes d’IA, depuis la conception jusqu’à leur déploiement.
Car si les choix technologiques d’aujourd’hui façonnent déjà les sociétés de demain, les biais intégrés dans les algorithmes risquent eux aussi de devenir durables.
Le défi de l’IA responsable n’est donc pas uniquement technologique. Il consiste à s’assurer que l’intelligence artificielle contribue à réduire les inégalités plutôt qu’à les reproduire.