ONU : António Guterres plaide pour un fonds de 3 milliards de dollars afin de rendre l’IA accessible à tous
Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a appelé à la création d’un fonds international de 3 milliards de dollars destiné à aider les pays les moins avancés à bénéficier de la révolution de l’intelligence artificielle.
Pour le chef des Nations unies, l’enjeu est clair : éviter qu’une nouvelle fracture numérique ne se creuse entre les pays disposant des infrastructures nécessaires au développement de l’IA et ceux qui risquent d’être laissés à l’écart.
« Notre objectif est de 3 milliards de dollars », a déclaré António Guterres, estimant que cette somme représente moins de 1 % du chiffre d’affaires annuel d’une grande entreprise technologique. « C’est un faible prix à payer pour diffuser une IA qui profite à tous. »
Le responsable onusien a souligné que de nombreux pays manquent encore de capacités de calcul, d’infrastructures numériques, de compétences spécialisées et d’accès aux données nécessaires pour tirer parti de l’intelligence artificielle.
Une IA au service du développement humain
Au-delà du financement, António Guterres a insisté sur la nécessité de bâtir une gouvernance mondiale de l’IA fondée sur l’inclusion, la responsabilité et la protection des droits humains.
L’ONU a ainsi récemment mis en place un Groupe scientifique international indépendant sur l’IA composé de quarante experts chargés d’évaluer les risques, les opportunités et les impacts sociétaux de cette technologie.
« L’IA doit appartenir à tous », a affirmé le Secrétaire général.
Selon lui, utilisée de manière responsable, l’intelligence artificielle peut accélérer les progrès dans la santé, l’éducation, la sécurité alimentaire, la lutte contre le changement climatique et l’accès aux services publics.
Des garde-fous pour une IA responsable
António Guterres a toutefois mis en garde contre les dérives potentielles d’un développement non encadré de l’IA. Il estime que cette technologie peut également renforcer les inégalités, amplifier les discriminations ou exposer les populations à de nouveaux risques.
Face à la hausse de la consommation d’énergie et d’eau liée aux centres de données, il a également appelé le secteur à privilégier des infrastructures plus durables et à limiter les impacts sur les communautés vulnérables.
Le chef de l’ONU a enfin insisté sur la protection des travailleurs et des enfants face aux usages de l’IA.
« Aucun enfant ne devrait servir de cobaye pour une IA non réglementée », a-t-il déclaré, appelant à faire de la dignité humaine et de la protection de la planète les principes directeurs du développement de l’intelligence artificielle.