Un Jésus virtuel peut-il pardonner nos péchés ?
mai 1, 2025 | by nowerlonono@gmail.com
L’idée d’un Jésus virtuel , comme ce fut le cas en Suisse, est une prouesse technologique digne d’un film de science-fiction. Mais un casse-tête théologique pour l’Église. Après deux millénaires d’enseignement et de formation de prêtres, l’Eglise doit résoudre la question d’un avatar qui peut réciter la Bible en 42 langues et donner des conseils spirituels 24 sur 24. C’est l’équivalent d’un prêtre qui pourrait travailler, sans dormir, sans manger, et surtout, sans avoir besoin d’un salaire. C’est la grande question, le dilemme ultime qui remet en cause des millénaires de théologie. Un Jésus généré par l’IA peut-il écouter une confession et pardonner les péchés ? D’un point de vue sacramental, il n’est pas possible qu’une officialité validerait un pardon donné par un algorithme. Le sacrement de la confession requiert une interaction humaine. Pour l’Église, la confession est un échange personnel. Le pardon est un acte de miséricorde divine, pas un calcul algorithmique. Comme l’a dit le théologien Thomas d’Aquin. La confession n’est pas un simple échange d’informations, mais un acte de foi. On peut imaginer un chatbot qui vous dira : selon mes données, vous avez 87% de chance d’être pardonné. C’est une notion absurde pour l’Église.
La question est encore plus absurde sur le plan juridique. Le droit canonique, l’ensemble des lois de l’Église catholique est formel : un prêtre, un homme est le seul ministre de la Confession. Il faut être en chair et en os pour recevoir la confession. Un algorithme n’a pas de conscience, pas de foi, pas de miséricorde. Imaginez la scène : un avocat, lors d’un procès, qui invoque le pardon d’un chabot. Le juge le regardera avec la même stupeur que s’il plaidait que son client a été pardonné par un Pokémon.
Le débat est tout aussi délicat au plan éthique. Un robot peut-il comprendre la souffrance humaine, le remords, la repentance ? L’éthicien américain, Michael Sandel, dans ses réflexions sur la justice, soulignerait que la confession est un acte de justice et de réconciliation. C’est un acte de volonté. C’est la reconnaissance de ses fautes et la volonté de se racheter. Un chatbot aussi performant soit-il, peut-il comprendre l’amour, la tristesse, la compassion ? Le philosophe Aristote, lui, aurait probablement affirmé que la vertu est une question de pratique et d’habitude, pas de code informatique.
Le sacrement, un acte d’amour. La confession est un sacrement, un acte de miséricorde divine, pas un simple échange d’informations. C’est Dieu qui, par le prêtre, nous accorde son pardon. La théologie chrétienne, depuis des millénaires, insiste sur l’incarnation. Dieu s’est fait homme en Jésus-Christ. Il est devenu un être de chair et de sang pour nous sauver. L’idée d’un Jésus virtuel, c’est l’inverse de l’incarnation. C’est un retour à l’abstraction à la dématérialisation. La confession est un acte de foi, de confiance en l’autre, et non pas en un algorithme. Pour le théologien Karl Barth, la foi est une rencontre personnelle avec Dieu. Un robot ne peut pas nous offrir une telle rencontre.
La foi, ce n’est pas un calcul. Alors, un Jésus virtuel peut-il pardonner nos péchés ? La réponse est non d’un point de vie juridique, non d’un point de vue éthique, non, d’un peu de vie théologique, non et encore non. Le pardon est un acte d’amour et de miséricorde. C’est la reconnaissance d’un péché, et la volonté de se racheter. C’est une relation intime entre l’homme et Dieu. L’IA peut nous aider à mieux comprendre la Bible, à la lire avec plus d’attention, mais elle ne pourra jamais nous donner la foi. La foi n’est pas un algorithme c’est une relation, c’est une histoire d’amour, de pardon et de rédemption.
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