L’IA face à la ‘profanation de la Parole’ : quand la Révélation devient un algorithme »

août 19, 2025 | by nowerlonono@gmail.com

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L’émergence d’intelligences artificielles (IA) capables d’analyser d’innombrables textes, y compris les Saintes Écritures, pose une question qui dépasse le cadre théologique pour toucher au droit. Le conflit entre la vision de l’Église, qui voit dans la Bible la Parole de Dieu, et celle de l’IA, qui y voit un simple ensemble de données, soulève des enjeux juridiques cruciaux. Le cœur du problème est le suivant : comment la loi peut-elle protéger le caractère sacré d’un texte et l’autorité de son interprétation face à un instrument qui le réduit à une simple information utilitaire ?

La Bible : un texte sacré ou une base de données ?

Du point de vue du droit, la Bible est un texte complexe. Alors que les textes originaux sont dans le domaine public, les traductions, les commentaires et les annotations sont protégés par le droit d’auteur. Au-delà de ces considérations de propriété intellectuelle, le droit s’efforce de protéger la liberté de religion, ce qui inclut la protection des textes sacrés et des rituels associés.

L’IA, en traitant la Bible comme un simple corpus de données, ignore cette dimension sacrée et institutionnelle. Le risque juridique est double :

La décontextualisation : L’IA analyse les Écritures de manière brute, comme n’importe quel autre texte. Cela pourrait être considéré comme une forme de profanation d’un texte sacré, qui est protégé non seulement par la religion mais aussi par des principes de respect de la liberté de culte.

La dilution de l’autorité : En compilant et en synthétisant la doctrine sans en comprendre le contexte ni la portée institutionnelle, l’IA pourrait créer une forme de droit religieux « alternatif » qui n’a aucune autorité juridique ou canonique.

L’interprétation, un acte humain et juridiquement encadré

L’article évoque le rôle indispensable de l’Esprit Saint pour comprendre la Parole, ce qui correspond, dans le domaine juridique, au rôle du juge ou de l’expert. Le droit ne repose pas uniquement sur la lecture de lois (un « texte brut ») mais sur leur interprétation et leur application dans un contexte donné.

L’autorité de l’interprète : Le droit exige que l’interprétation d’une norme soit faite par une personne ayant la formation et l’autorité requises. Le « jugement privé » dont parlait le Concile de Trente, en l’absence de l’Esprit Saint, a un parallèle juridique : l’interprétation d’une loi par un profane ne fait pas jurisprudence. L’IA n’est ni formée, ni autorisée à délivrer des interprétations juridiques, morales ou religieuses qui auraient une quelconque valeur légale.

La responsabilité non délégable : L’IA, en tant que simple outil, n’a aucune conscience et ne peut être tenue responsable de ses interprétations. La responsabilité des décisions et des jugements repose toujours sur une personne physique. Si un prêtre, un théologien ou un juriste utilise une IA pour une analyse et commet une erreur, c’est lui qui en sera tenu responsable. La loi européenne se penche d’ailleurs sur ces questions de responsabilité civile des systèmes d’IA.

Conclusion

Le défi juridique soulevé par l’IA ne consiste pas à faire de l’IA un meilleur interprète de la foi, mais à protéger l’intégrité de la foi et de son institution. Le droit doit établir des cadres clairs pour garantir que l’usage de ces technologies ne viole pas la liberté de religion et ne délègue pas l’autorité d’interprétation à des machines.

La véritable « profanation » juridique serait de permettre que la Parole de Dieu, un texte sacré au fondement d’une institution millénaire, soit réduite à un simple ensemble de données sans âme. En défendant le rôle insubstituable de l’interprète humain, le droit, comme la théologie, protège la primauté de la personne sur la machine.

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